Le traitement médiatique du LSD en France en 1966 : de la panique morale à la fin des études cliniques
Cygne Noir August 19, 2022 DOI: 10.7202/1091460ar (opens in new tab)
Study at a glance
AI-extracted from the abstract| Characteristics | Case study Case report Peer reviewed |
|---|---|
| Population | French media coverage and scientific literature from the 1960s |
| Topics | LSD |
| Citations | 3 |
| Key findings | Moral panic in French media led to the classification of LSD as a narcotic, which halted medical research despite prior evidence of its safety and therapeutic benefits. |
Abstract
L’année 1966 voit l’apparition dans les médias français d’une nouvelle drogue aux effets présentés comme particulièrement délétères. Le LSD serait à l’origine de psychoses prolongées, de suicides, et mènerait la jeunesse américaine à se rebeller contre la société. Or, à cette époque, la substance est encore principalement un médicament et un outil d’étude du cerveau. Des milliers d’articles scientifiques ont été publiés sur le sujet et démontrent la sécurité de son usage ainsi que ses bénéfices thérapeutiques dans de nombreuses applications. Ces succès n’ayant pas bénéficié d’une couverture médiatique en France, le pays découvre avec effroi l’existence de ce psychotrope menaçant. Le champ lexical de la folie est particulièrement présent dans la couverture médiatique : désormais, c’est dans ce cadre conceptuel que sera appréhendé le LSD. Le gouvernement réagit rapidement en classant la substance dans le tableau des stupéfiants ; cette mesure a pour effet de mettre un terme aux recherches médicales menées à l’époque sur la substance. Par cette étude de cas, l’article vise à illustrer l’impact des paniques morales sur la production scientifique au sujet des psychotropes en s’appuyant sur la littérature médicale et les productions médiatiques de l’époque.