Schizophrénie et cannabinoïdes
Stéphane Potvin, Emmanuel Stip, Jean-Yves Roy
Drogues santé et société July 7, 2004 DOI: 10.7202/008536ar (opens in new tab)
Study at a glance
AI-extracted from the abstract| Characteristics | Review Peer reviewed |
|---|---|
| Citations | 6 |
| Key findings | Argues that cannabis effects overlap phenomenologically with schizophrenia: acute effects resemble cognitive impairments, chronic effects resemble negative symptoms, and 'cannabis psychosis' resembles positive symptoms. People with schizophrenia show about six times the likelihood of cannabis use disorder, and cannabis use is linked to more psychotic relapses and hospitalizations, challenging the self-medication model. Preliminary data suggest endogenous cannabinoid system disturbances, prompting interest in anandamide reuptake inhibitors after rimonabant's failure. |
Abstract
Dans le débat sur la décriminalisation du cannabis, ce sont les conséquences de la consommation de cette substance psychoactive qui interpellent les experts. Rarement s’interroge-t-on, toutefois, sur la nature de l’intoxication au cannabis. Or, un survol attentif de la littérature laisse entrevoir de multiples rapports entre les effets du cannabis et la phénoménologie de la schizophrénie. Communément classé parmi les perturbateurs du système nerveux central, le cannabis possède des propriétés psychotomimétiques. Selon les circonstances, il peut produire des manifestations qui rappellent diverses dimensions de la schizophrénie. Alors que ses effets aigus évoquent les atteintes cognitives des schizophrènes, ses effets chroniques (le controversé syndrome d’amotivation) peuvent ressembler aux symptômes négatifs, et certains de ses effets adverses (la « psychose cannabique ») imitent les symptômes positifs de cette psychopathologie. Incidemment, les schizophrènes seraient particulièrement sensibles au cannabis. En effet, la probabilité de développer un trouble de consommation de cannabis est environ six fois plus élevée chez le schizophrène que dans la population générale. Divers modèles tentent de rendre compte de cette comorbidité singulière, le principal étant celui de l’automédication. À l’encontre de ce modèle toutefois, la littérature rapporte que la consommation de cannabis accroît régulièrement l’incidence des rechutes psychotiques et des hospitalisations chez les schizophrènes. Sur le plan biologique, des données préliminaires suggèrent l’existence de perturbations du système des cannabinoïdes endogènes chez le schizophrène. Dans cette foulée, la communauté scientifique espérait que le blocage du récepteur CB1, le principal récepteur des cannabinoïdes, agisse comme antipsychotique. Après l’échec clinique du rimonabant, un antagoniste CB1, la recherche se tourne maintenant vers les inhibiteurs de la recapture de l’anandamide, le cannabinoïde endogène le mieux connu.
Citations in the library
Cites 15
- Psychiatric effects of cannabis The British Journal of Psychiatry February 1, 2001
- Cannabis-induced psychosis: a cross-sectional comparison with acute schizophrenia. Acta Psychiatrica Scandinavica March 1, 2002
- Cannabis use and psychosis: a review of clinical and epidemiological evidence. Australian & New Zealand Journal of Psychiatry February 1, 2000
- The effects of cannabinoids on the brain. Progress in Neurobiology July 1999
- Elevated endogenous cannabinoids in schizophrenia. Neuroreport June 3, 1999
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