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Sorcellerie capitaliste et touristes pishtaco : les tensions occultes autour du tourisme d’ayahuasca chez les Shipibo de San Francisco (Amazonie péruvienne)

Doriane Slaghenauffi

Journal de la Société des Américanistes 2022 DOI: 10.4000/jsa.21111 (opens in new tab)

Study at a glance

AI-extracted from the abstract
Characteristics Theoretical or philosophical paper Peer reviewed
Topics Ayahuasca
Citations 2
Key points Argues that the resurgence of vernacular sorcery practices among Shipibo shamans, targeting both rival practitioners and tourists, reflects resilience and frustration in response to the commercialization of local shamanism through tourism.

Abstract

L’émergence du « tourisme chamanique » dans certaines zones urbaines et dans des villages shipibo-konibo est à l’origine d’une recrudescence des pratiques sorcellaires vernaculaires, désormais intégrées au nouveau contexte sociologique de commercialisation du chamanisme végétaliste local. Ces attaques occultes visent non seulement des praticiens rivaux mais aussi des touristes en quête d’une expérience hallucinogène, dont certains deviennent à leur tour la cible de rumeurs sorcellaires. Ces pratiques et ces interprétations occultes peuvent être analysées comme autant de formes de résilience édifiées par les chamanes shipibo face à l’intégration de leurs communautés au marché du tourisme international, dans l’espoir d’en tirer profit. Elles peuvent aussi être lues comme des manifestations de frustration et d’inquiétude face à la récupération du chamanisme local par la culture globale, symptomatique des liens traditionnellement ambigus entre gringos et Amérindiens.