Réappropriations mutuelles. Ayahuasca et néochamanisme péruvien internationalisé
Drogues santé et société November 13, 2017 DOI: 10.7202/1041851ar (opens in new tab)
Study at a glance
AI-extracted from the abstract| Characteristics | Theoretical or philosophical paper Peer reviewed |
|---|---|
| Topics | Ayahuasca |
| Citations | 7 |
| Key points | Argues that the internationalized Peruvian shamanic landscape, shaped by 'shamanic reappropriations,' has ancient roots and that 'shamanic tourism' is not its origin but part of a diffuse process. |
Abstract
Dans cet article, je présente et analyse le paysage chamanique péruvien internationalisé et façonné par ce que j’appelle des « réappropriations chamaniques ». Ces dernières sont le fruit de rencontres entre nouvelles spiritualités européennes, sud et nord-américaines et néochamanismes locaux, entre celles et ceux qui voyagent à la rencontre de leurs chamanes et ces derniers. Ce paysage en devenir est attesté depuis une époque ancienne – je ne me hasarderai pas ici à donner une date –, comme en témoigne la circulation de plantes rituelles, médicinales et psychotropes et des noms qui les désignent. Autrement dit, ce que d’aucuns appellent le « tourisme chamanique » n’est pas à l’origine, mais participe d’un processus diffus. Pour le montrer, j’appuie mon propos sur une description de l’ ayahuasca , cette plante psychotrope emblématique de ce paysage, puis celle du chamanisme awajun (famille linguistique jivaro, Pérou), peu familier, comparativement à d’autres, des « festivals chamaniques » et autres rituels « bricolés » organisés en Amérique ou en Europe. Enfin, j’aborde la rencontre et son intelligence, à travers un essai de compréhension de ce qui se joue dans l’expérience psychotrope des « modernes ».