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Archéologie ou mythologie ? Le modèle des « trois stades de la transe » et l'art rupestre d'Afrique du Sud

Patricia A. Helvenston, Paul G. Bahn

Afrique & histoire September 15, 2006 DOI: 10.3917/afhi.006.0111 (opens in new tab)

Study at a glance

AI-extracted from the abstract
Characteristics Theoretical or philosophical paper Peer reviewed
Citations 1
Key points Argues that the Three Stages of Trance model is unsupported empirically and does not apply to San healing dances or Paleolithic art, proposing instead that documented indigenous psychoactive substances may have influenced altered states among the San.

Abstract

Résumé Cet article oppose une série de contradictions au modèle neuropsychologique dit des Trois Stades de la Transe (TST) proposé par Lewis-Williams et Dowson, modèle dont la popularité excède de loin la solidité de ses fondations empiriques. Lewis-Williams et Dowson ont écrit comme si le modèle TST avait été vérifié en Afrique du Sud, mais ce n’est pas le cas, ainsi que nous le montrons par un grand nombre d’objections documentées. De plus, comme ce modèle se base sur un type d’hallucination hautement spécifique ne pouvant être éprouvé qu’après l’ingestion de LSD, de mescaline ou de psilocybine, trois substances qui ne sont pas disponibles en Afrique du Sud, les San n’ont certainement pas expérimenté cette forme particulière de la transe (état altéré de conscience) au cours de leurs « danses de guérison », ainsi que les tenants du modèle TST l’ont proclamé. Comme ce modèle ne s’applique même pas à l’Afrique du Sud, on ne peut certainement pas dire qu’il s’applique à l’art Paléolithique des grottes européennes. D’un autre côté, Lewis-Williams et Dowson ont négligé l’existence de nombreuses substances psychoactives indigènes historiquement documentées, qui ont été utilisées par les San d’Afrique australe. Ces composés, susceptibles d’avoir influencé le comportement et l’expérience subjective d’états altérés de conscience, sont examinés dans cet article. Après la discussion des contradictions empiriques auxquels se heurte le modèle TST, nous concluons qu’il ne s’agit pas réellement d’une hypothèse archéologique, mais plutôt d’un mythe. Nous décrivons plusieurs cas précis dans lesquels une application naïve de ce modèle a fait beaucoup de dégâts dans le champ de l’archéologie, et nous concluons par la critique d’un travail excellent, mais lourdement grevé par le fait qu’on a voulu y plier les données factuelles pour les conformer au modèle TST, alors que les faits concrets étaient bien plus en accord avec d’autres interprétations, plus simples.