Comment la méditation pleine conscience a conquis l’Occident : une étude de cas montréalaise sur les conditions d’importation d’une pratique aux origines orientales
Mélissa Moriceau
February 1, 2018 DOI: 10.71781/21660 (opens in new tab)
Study at a glance
AI-extracted from the abstract| Characteristics | Theoretical or philosophical paper |
|---|---|
| Key points | Argues that mindfulness meditation has become durably implanted in Western contexts marked by acceleration and profitability only by adapting to Western needs and aspirations, producing adjustments that sometimes contradict the practice's original values; it frames mindfulness as a case crystallizing the challenges of commodifying a new activity at the intersection of wellness, economics, and spirituality. |
Abstract
Depuis une trentaine d’années, la méditation a fait une entrée fracassante dans nos vies. En renaissant sous le nom de pleine conscience, ou « mindfulness », elle est aujourd’hui mobilisée dans de nombreux contextes comme le travail, la prison ou l’hôpital. L’objectif de ce mémoire est de comprendre comment la méditation a pu s’implanter durablement dans un régime temporel marqué par l’accélération et la rentabilité, alors que la philosophie sur laquelle s’arc-boute cette pratique se situe aux antipodes de la vision consumériste de notre société. Comme d’autres pratiques de bien-être importées d’Asie, la méditation a dû s’ajuster aux besoins et aux aspirations occidentales. À travers son déploiement au sein de contextes variés et la façon dont elle est distribuée au sein de plusieurs professions, elle a subi des adaptations qui entrent parfois en contradiction avec ses valeurs telles qu’elles avaient été pensées initialement. À la frontière du bien-être, de l’économie et de la spiritualité, la pleine conscience cristallise les défis qui sont en jeu lors de la marchandisation d’une activité nouvelle.