Analogues de l’ayahuasca : le chamanisme de synthèse
J. Langrand, L. Dufayet, A. Villa, I. Larabi, J. Alvarez
Annales de Toxicologie Analytique August 21, 2018 DOI: 10.1016/j.toxac.2018.07.064 (opens in new tab) via Semantic Scholar
Summary
AI-generated from the abstractA 42-year-old man attempted to extract dimethyltryptamine (DMT) from powdered Mimosa hostilis root bark using a 10-step method found online, involving sodium hydroxide, vinegar, naphtha, ammonia, and basic lab equipment. After smoking the resulting paste, he experienced chest pain, nausea, dizziness, palpitations, tremors, and anxiety, but no hallucinogenic effects. His clinical exam showed only dysarthria, blood pressure was 144/87 mm Hg, and ECG was normal. Urine toxicology was negative, and a specific blood DMT test by LC-MS/MS (detection limit 1 ng/mL) was also negative. This was his first unsuccessful attempt; online reports describe success by more experienced operators. Mimosa hostilis root bark contains about 0.5% DMT. By inhalation, DMT does not require a monoamine oxidase inhibitor, avoiding serotonin syndrome risk.
Study at a glance
| Characteristics | Case report Peer reviewed |
|---|---|
| Sample size | 1 |
| Population | 42-year-old man who attempted to extract DMT from Mimosa hostilis root bark |
| Keywords | Art |
| Key finding | A novice attempt to extract DMT from Mimosa hostilis root bark resulted in toxic symptoms but no hallucinogenic effects, and blood DMT was undetectable. |
Abstract
Objectif L’ayahuasca est un breuvage psychedelique originaire du bassin amazonien et utilise dans des rites chamaniques. Il consiste en l’ingestion successive de 2 decoctions vegetales, l’une ayant un effet inhibiteur de la monoamine oxydase (IMAO), l’autre contenant de la dimethyltryptamine (DMT) responsable des effets hallucinogenes. Son utilisation en Europe est limitee par la reglementation qui l’interdit, et par le climat peu propice a la culture des especes vegetales utilisables. Afin de contourner ces difficultes, des « analogues de l’ayahuasca » existent, dont l’utilisation a ete peu decrite. Nous rapportons le cas d’un homme de 42 ans ayant tente de realiser par ses propres moyens une extraction selective de DMT a partir d’ecorce de racines de Mimosa hostilis en poudre, achetee sur internet. Description du cas A l’aide d’une methode d’extraction detaillee sur un site internet, elle-meme issue d’une publication dans la revue « the Entheogen review », il a tente cette extraction. La recette en 10 etapes necessite de l’ecorce de M. hostilis, de la soude, du vinaigre, un solvant naphta, de l’ammoniaque, un congelateur, un moulin et des filtres a cafe, et de la vaisselle de chimie. Apres avoir suivi ces etapes, il a obtenu une pâte qu’il a laissee secher, puis qu’il a fumee. Peu de temps apres, il a ressenti une douleur thoracique, des nausees et des vertiges, une sensation de palpitation cardiaque, de tremblement generalise, et une anxiete. Il n’a ressenti aucun effet hallucinogene. Il a alors appele le centre antipoison qui l’a adresse aux urgences. A l’admission, son examen clinique etait sans particularite hormis une dysarthrie, sa tension arterielle etait a 144/87 mm Hg et son ECG etait strictement normal. Le criblage toxicologique urinaire realise aux urgences a la recherche de substances psychoactives etait negatif. Un prelevement sanguin a ete adresse au laboratoire de toxicologie du CHU de Garches ou un dosage specifique de DMT a ete realise par chromatographie liquide couplee a la spectrometrie de masse en tandem (LC-MS/MS) sur un TSQ Vantage®. La limite de detection de la technique etait de 1 ng/mL. En coherence avec l’absence d’effets psychedeliques rapportes, ce dosage est revenu negatif. Resultats Il s’agissait d’une premiere tentative infructueuse pour cet apprenti chaman. Neanmoins, de nombreux « trip reports » en ligne rapportent la reussite de cette operation par des operateurs plus experimentes. L’ecorce de racines de M. hostilis contient en effet environ 0,5 % de DMT. Par ingestion, la DMT necessite la consommation prealable d’un IMAO pour prevenir la degradation de la DMT par les mono-oxydases digestives. Par inhalation, l’association d’un IMAO a la DMT n’est pas necessaire, ce qui permet d’eviter la survenue d’un syndrome serotoninergique, decrit par certains utilisateurs. La synthese de DMT « maison » presente donc de nombreux avantages : la bonne disponibilite des differentes especes vegetales contenant la DMT, l’absence de reglementation les concernant, et la possibilite d’usage par inhalation qui affranchit des effets toxiques des IMAO. En revanche, si l’equipement requis est simple, ce cas souligne egalement la necessite d’une certaine experience dans les techniques de laboratoire qui manque parfois aux utilisateurs novices.