Méditer pour mieux vivre avec la dialyse ? Enquête auprès de patients et soignants d’une unité de dialyse médicalisée et d’autodialyse
Nolwenn Lorcy, O. Picquart, Éric Laruelle
Néphrologie & Thérapeutique September 1, 2018 DOI: 10.1016/j.nephro.2018.07.131 (opens in new tab)
Study at a glance
AI-extracted from the abstract| Characteristics | Survey Peer reviewed |
|---|---|
| Sample size | 63 |
| Population | Patients in a medicalized and self-care dialysis unit and their caregivers in France |
| Key findings | Dialysis patients reported moderate interest in a mindfulness initiation program (mean 6 ± 2.9 on a 0–10 scale), while staff reported high interest (8.5 ± 1.2), with 92.1% also wanting a staff program. Both groups expected reduced stress and better sleep; patients cited lack of time, lack of interest, and fatigue as barriers. |
Abstract
La méditation de pleine conscience (MPC) a été structurée dans les années 1970 par le Dr Kabat-Zinn sous la forme d’un programme de réduction du stress à l’attention des patients atteints de maladie chronique (mindfulness-based stress reduction [MBSR]). Elle s’appuie sur des exercices à la portée de tous (attention au moment présent, via la respiration et les sensations physiques notamment). Les études d’évaluation de la MPC sont de plus en plus nombreuses, mais peu se sont spécifiquement intéressées à la population des dialysés. Des études pilotes réalisées par des psychiatres ont surtout évalué la dépression et l’anxiété des patients dialysés [1], alors que la MPC s’intégrerait peut-être plus dans une prise en charge globale de diminution du fardeau de la maladie. Un questionnaire a été distribué aux patients d’une unité de dialyse médicalisée et d’autodialyse, ainsi qu’à leurs soignants, entre mars et avril 2018. Les questions portaient sur leur représentation de la méditation, l’intérêt pour un programme d’initiation à la MPC pour les patients, les raisons de leur choix, les modalités que ce programme pourrait prendre, et des données démographiques. Les premiers résultats ont montré, sur 25 questionnaires récupérés chez les patients (sur 122 dialysés, taux de réponse 20,5 % ; 88 % d’hommes, d’âge moyen 57,9 ± 12 ans), un intérêt pour un programme d’initation à la MPC à 6 ± 2,9, sur une échelle graduée de 0 à 10 (médiane 6,8). En parallèle, sur 38 questionnaires récupérés chez les soignants (84,2 % de femmes, d’âge moyen 37,5 ± 10,9 ans), l’intérêt était à 8,5 ± 1,2 sur 10 (médiane 9), et 35 personnes (92,1 %) se disaient également intéressées pour un programme à destination des soignants. Parmi elles, 46 % avaient d’ailleurs déjà pratiqué la MPC. Pour tous, les bénéfices d’un tel programme seraient une diminution du stress et une amélioration du sommeil. Pour les patients, les freins à la MPC seraient un manque de temps, un manque d’intérêt, et une fatigue trop importante. Cette enquête a montré un intérêt pour un programme d’initiation à la MPC chez les patients dialysés, avec des soignants particulièrement motivés, certains pratiquant eux-mêmes déjà la MPC. Un groupe de travail pluridisciplinaire va maintenant réfléchir à sa mise en place pratique (pendant la séance ou non, seul ou en groupe), ainsi qu’aux critères d’évaluation de celui-ci.